Article de la semaine
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L’ÉOLIEN BRASSE DU VENT

Un nouveau recours a eu lieu dans un dossier de construction d’éoliennes à Biron près de Ciney. Pour de vagues raisons paysagères, les autorités communales se battent contre le projet d’installation de 5 éoliennes de 150 m de haut, alors que le site concerné répond aux critères d’implantation du Code de Développement Territorial, puisque situé en zone industrielle.

 

Ce cas, qui est loin d’être isolé, rappelle la nécessité d’un réel débat sur la pertinence de l’éolien dans la stratégie énergétique de notre plat pays, et ce pour différentes raisons :

 

Être «pour » l’éolien c’est bien et ça déculpabilise les consommateurs énergivores que nous sommes d’en abuser. Mais l’éolien, on est surtout « pour » quand c’est loin de chez nous et de notre vue… 

 

Être « pour » l’éolien c’est avant tout politique et donc hypocrite, c’est prétendre à des valeurs pures et fondamentales en niant volontairement plusieurs paramètres pourtant indiscutables, tels que :

  •  Moins de 30% des éoliennes sont construites en Europe et plus de 70% d’entre elles sont donc transportées d’Asie ou d’Amérique vers nos belles régions immaculées par bateau… Quand on sait qu’une éolienne représente environ 200 tonnes d’acier et que le transport par voie maritime représente 12 gr de CO2/km/tonne transportée, que Shangaï est à minimum 10.000 km d’eau salée d’Anvers, une éolienne représente donc une émission de 24 tonnes de CO2 rien que pour son acheminement.

  • Une éolienne coûte un peu moins de 1,3 Millions d’euros et a une durée de vie de 20 à 30 ans. Ensuite, les 200 tonnes d’acier, de résine, de métaux rares et autres composants polluants divers, scellés sur un massif de béton lourdement ferraillé de 1000 tonnes doivent être démantelés. Ce qui repré-sente, outre ces déchets polluants, un coût d’environ 300.000€/mât, sans aucun potentiel de recyclage écologique.

 

  •  La production d’une éolienne est en moyenne de 2 MWh  là ou une centrale au gaz est d’environ 400 Mwh. Il faut donc 200 éoliennes pour compenser UNE centrale au gaz, et encore, s’il y a du vent. Ne parlons même pas d’une centrale nucléaire dont la capacité est de près de 1000 Mwh (500 éoliennes) et dont nous nous passerons sans doute d’ici quelques années.

 

  • Compter sur l’énergie éolienne implique d’être totalement dépen-dant du vent. Et comme l’électricité ne se stocke pas (à l’inverse du gaz), si on compte sur les éoliennes dans les plans de production quotidiens, il faudrait que des centrales au charbon ou au gaz soient prêtes à être allumées dans l’heure pour pallier d’éventuels manques de souffle. Les centrales au gaz faisant généralement déjà intégralement partie des plans de production quotidiens, ce sont les centrales au charbon qui sont majoritairement rallumées quant on n’a pas de chance avec… le vent ! Pour preuve, les émissions de CO2 de l’Allemagne ont augmenté depuis son pari sur l’éolien après des années de diminution constante… 

 

On pourrait aussi parler de l’hypo-crisie des producteurs d’énergie verte qui clament leur vertu de vierge écologique auprès du citoyen mal informé. Pourtant, chaque fournisseur d’énergie a ses traders qui achètent chaque jour de l’énergie à des producteurs d’électricité nucléaire si le prix de production est plus intéressant que le leur. Ils ne peuvent donc en aucun cas promettre à leur client une énergie « verte » … mais ça, on en reparlera surement une prochaine fois.

 

En résumé, on peut considérer que l’éolien est à notre besoin énergétique ce qu’un Subito est à notre chance de devenir millionnaire… 

 

Ergotine

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