Article de la semaine
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INTEMPÉRIES : 
LA WALLONIE SE PARTAGE ENTRE IRRESPONSABILITÉ ET DÉSINVOLTURE

Au lendemain des intempéries qui ont frappé la Belgique, Damien Ernst jetait un pavé dans la mare. Selon le professeur de l’Université de Liège, ne pas avoir vidé préventivement le barrage d’Eupen a été une « erreur colossale », à l’origine d’un véritable drame pour le sud du pays. La Wallonie n’avait pas besoin de cela…

 

Certes, l’erreur est humaine. Non, les catastrophes naturelles ne peuvent pas toujours être anticipées. Néanmoins, lorsque la Wallonie a été avertie à plusieurs reprises d’un haut risque d’inondations par l’EFAS, le système d’alerte européen de risques de crues, personne ne s’en est inquiété.

 

Pourtant, déjà à cet instant, la situation était critique. « Il aurait fallu vider une partie du barrage d’Eupen de manière préventive pour qu’il puisse jouer son rôle de tampon », explique Damien Ernst. « Cela n’a pas été fait et il a fallu relâcher l’eau du barrage au moment le plus critique (…) De cette façon, on a transformé un problème d’inondation très sérieux en un problème réellement catastrophique le long de la vallée de la Vesdre ».

 

Tel un torrent, les propos de l’ingénieur informaticien ont fait le tour des médias. Dans la précipitation, le monde politique a réagi au quart de tour. Les uns se sont laissés emporter par la vague. Les autres, à l’image de Philippe Henry, ont préféré rejeter toute responsabilité, allant même jusqu’à pousser le raisonnement à l’extrême : « Tous les réservoirs sont davantage remplis en été car il pleut moins et qu’ils doivent servir de réserves d’eau potable », a-t-il justifié. Quant à la possibilité de vider préventivement le barrage, elle a été annihilée par une réponse toute aussi laconique : « Si on le vidait préventivement, on noyait Eupen ». 

 

La question n’est pas de savoir qui de Damien Ernst ou Philippe Henry a raison. À ce petit jeu, il est sans doute trop tôt pour répondre. D’ailleurs, devant la justice et de vrais experts, le tumultueux dossier du barrage d’Eupen livrera assurément des réponses urticantes. La véritable intrigue, c’est de savoir à partir de quel moment la Wallonie et ses élus joueront la carte de la transparence. Affirmer qu’il n’y a pas eu des erreurs dans la gestion du barrage est… une erreur. Reconnaître qu’il est prématuré de se positionner, c’est de l’honnêteté. 

 

Et c’est bien cela qui dérange dans la gestion de cette crise. Comme si la situation n’était pas suffisamment dramatique, comme si le sud du pays ne vivait pas suffisamment avec la tête sous l’eau, les plus culottés préfèrent charger ceux qui s’interrogent et qui questionnent plutôt que d’accepter la réalité ou, au moins, une réalité. Déjà criblée d’une dette de 31 milliards (!) d’euros (ndlr : dont les élus actuellement au pouvoir rejettent la responsabilité), la Wallonie compte à présent ses morts. Il est parfois triste d’être Wallon.

 

B.V.

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