Avec plus de 15 millions de spectateurs attendus durant les olympiades, la police de Paris souhaite gérer les flux pour assurer la sécurité. C’est ce que Laurent Nuñez a déclaré dans une interview accordée au Parisien,  le 28 novembre dernier. Il y aura quatre zones de restrictions dont deux concerneront les piétons. Les deux autres seront des périmètres de circulation dédiés aux voitures, classés bleu ou rouge. Ceux et celles concernés par la dérogation devront s'enregistrer sur une plateforme numérique et y fournir des justificatifs divers. Une démarche à réaliser avant les Jeux olympiques alors que la plate-forme devrait ouvrir au printemps prochain. Face aux restrictions de circulation annoncées, les Parisiens grimacent.

Comme un retour à la période Covid

Les restrictions ne seront pas continues, selon les indications de Laurent Nuñez. Elles seront valables « 2h30 avant le début des épreuves et jusqu’à une heure après ». En revanche, le jour de la cérémonie d’ouverture, le 26 juillet, le périmètre rouge sera plus large et l’activation des restrictions commencera plusieurs heures avant la cérémonie. « Ils ont encore trouvé un moyen de nous pourrir la vie », soulignent bon nombre de Parisiens sur Facebook et Twitter. Et ils ne sont pas les seuls à exprimer leurs doutes et mécontentements.

Le juriste et professeur de droit public Serge Slama s’inquiète aussi du retour du QR code. Il s’agit de dispositions typiques d’un état d’urgence. « Ce n’est pas faute d’avoir dit et répété durant l’état d’urgence sanitaire que la logique du QR code reviendrait à la première occasion », écrit-il sur X/ex Twitter.

Pour le sociologue, Mathieu Bock-Côté, se pointe à l’horizon un nouveau modèle de société qui annonce un contrôle social généralisé, affirme-t-il sur CNews. « Le nettoyage est éthique. C’est l’héritage du modèle covid. Non pas par une forme de conspiration, mais par un pragmatisme niais et bête, on se dit, c’est efficace, cela maximise la sécurité, sans se rendre compte que l’on bascule dans une société du contrôle social. Ce n’est plus qu’est-ce qui est interdit, mais qu’est-ce qui est autorisé. C’est le renversement complet du rapport à la liberté politique dans nos société (…) Chaque fois que l’on va avoir un événement majeur, on va appliquer le QR code pour assurer la sécurité des lieux ? Cela me fait davantage penser à une conception chinoise, communiste de société qu’occidentale. Il y a eu le passeport sanitaire, il y a le passeport olympique, il y aura un jour le passeport climatique, contrôlant nos déplacement, nos voyages en avion, la quantité de viande que nous mangeons (…) ».

Quant à la sécurité à proprement parler, Thierry Belin, secrétaire du syndicat national belge du personnel de police (SNPS) nous confie : « Tout d’abord, restreindre la liberté de circuler ne va pas garantir un risque zéro. Ensuite, il n’y a rien de plus facile pour un cybercriminel aujourd’hui d’hacker un Pass. Je ne suis donc pas certain que le filtre remplisse l’effet escompté. Enfin, pour la première fois de l’histoire des JO, la cérémonie d'ouverture n'aura pas lieu dans un stade, mais sur les bords de Seine. C’est quand même interpellant en termes de sécurité. Un stade, on peut le sécuriser bien plus efficacement que des individus qui circulent à tout va dans l’espace public ».

En résumé, l'incohérence d'un discours dépend toujours de celui qui l'écoute !

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