Mardi 12 décembre 2023, quelques milliers d’humanoïdes en rouge et vert manifestaient devant notre Palais de Justice dans son armure d’échafaudages rouillés depuis 1984. On ne protège jamais assez un tel trésor architectural quand les hordes barbares sont aux pieds de ses épaisses murailles. 

Il s’agissait en fait de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) manifestant contre les mesures d’austérité sur lesquelles planchent les ministres des Finances des 27 pays membres de la Communauté Européenne. Les budgets ne sont curieusement pas faciles cette année. 

Inutile de vous préciser que les ministres veulent l’austérité après la coûteuse gabegie de la pandémie Covid-19 alors que ‘travailleuses et travailleurs’ demandent plus d’argent partout, de meilleurs salaires, la garantie d’un futur durable. Un discours ferme que nous n’avions jamais entendu nulle part mais un discours affreusement pathétique pour les initiés. 

Sur la forme, les syndicats n’ont pas tort, il faudrait effectivement que l’Etat investisse massivement dans l’éducation, la santé, l’énergie, les nouvelles technologies.... Sur le fond, le problème reste que l’Europe comme la Belgique sont endettées jusqu’au-dessus des oreilles à force d’investir de l’argent qui n’existe pas dans des dépenses de consommation qui ne rapportent rien. 

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Il y a bizarrement des dizaines de milliards d’euros pour faire la guerre en Ukraine, pour acheter du pétrole russe en Azerbaïdjan, pour importer du gaz de schiste américain à des prix exorbitants depuis les sanctions imbéciles que nous avons décidées avec eux contre la Russie de Vladimir Poutine. Il y a aussi ces centaines de millions d’euros pour organiser des COP 26 – 27 – 28 qui ne servent rigoureusement à rien sauf à réveiller nos ayatollahs verts qui veulent nous faire vivre comme des Amish !

Homo Deus 2.0 est né

Mais pourquoi négocier des salaires avec cette majorité d’emplois qui vont rapidement disparaître alors que la quatrième révolution cognitive se prépare dans tous les cercles GAFAM. Les canons sont en place, il n’y a plus qu’à décider de la date de la bataille sociale en 2024. Comment expliquer sa sombre inutilité existentielle à un syndicaliste qui se croyait irremplaçable ?

L’intelligence artificielle générative (IAG), les nanotechnologies, les biotechnologies, l’informatique, la robotique, les sciences cognitives, feront leur boulot mieux, plus vite, travaillant jour et nuit, pas de vacances, le tout à des prix dérisoires sauf les énergies nécessaires à alimenter les gigantesques banques de données, le ‘Big Data’, construites aux USA, en Chine, probablement en Russie. 

Comment rivaliser avec le ‘Big Data’, des données analysées en 24/7/365 par des microprocesseurs qui travaillent des milliards de fois plus vite que nos malheureux neurones individuels. Autant jouer une partie de tennis en sabots avec une raquette de Jokary contre un Novak Djokovic au sommet de sa forme. 

Le pire reste que l’Europe est complètement absente de cette guerre mondiale qui se joue entre les USA et la Chine. Nos champions s’appelaient Bull et Olivetti, ils ont disparu depuis belle lurette... Nos cerveaux les plus brillants sont en fuite éperdue vers des cieux plus rémunérateurs... Un ingénieur français vient de toucher un bonus annuel de 100.000.000 de dollars chez Google alors qu’il aurait gagné 5.000 euros par mois en France. Poser la question de son départ c’est y répondre. 

Nous avons complètement raté le train du numérique pour nous contenter d’utiliser ces nouvelles technologies qui sont toutes développées ailleurs qu’en Europe...

Bref, nous nous dirigeons clairement vers un monde à deux vitesses, ceux qui jouent le match et ceux qui espèrent encore pouvoir le regarder, des ingénieurs utiles – de braves inutiles à qui on proposera le Revenu Universel Garanti de Benoît Hamon, une idée très sérieusement étudiée aujourd’hui par les patrons du GAFAM qui savent très bien que l’IA va détruire des millions de jobs sans pouvoir créer rapidement ceux qui pourraient les remplacer. 

Bon amusement à nos responsables, des crétins qui savent à peine de quoi on parle, pour aller expliquer aux syndicalistes grévistes que l’avenir sera merveilleux pour leurs enfants greffés, plus pour eux devenus IAG incompatibles. On ne fait pas un ingénieur IAG avec un chauffeur de taxi, un cheval de course avec un canasson. 

Il est maintenant trop tard, il ne fallait pas s’endormir sur un volcan.