Un costume bien grand pour notre réfugié de Namur

La guignolade qui consiste à permettre aux communes du Royaume de s’emparer de problématiques internationales, par le biais de soutiens, de motions voire d’investissements ou, mieux encore, de procès transfrontaliers... a toujours été une source d’étonnement dans notre pays. Beaucoup l’ignorent mais près d’une commune belge sur dix est engagée dans un programme de coopération internationale. Pourtant, à l’évidence, si Arlon ou Durbuy prennent position dans un conflit avec la Chine, tout le monde se marre.

La symbolique est tout autre lorsque le bourgmestre de Bruxelles (ville) jongle savamment sur la confusion engendrée par le mille-feuilles politique belge pour débarquer à Kiev comme le sauveur du monde libre, représentant « officiel » de la capitale de l’Europe. Ce qui ne veut rien dire mais en jette assez pour faire croire aux pauvres Ukrainiens que quelque chose de positif pourrait sortir de ces visites impromptues.

OSS 117

Rappelons-le  incidemment, la Belgique dispose toujours, à l’heure actuelle, d’un Ministère fédéral des Affaires étrangères (SPF Affaires étrangères) qui dispose d’une diplomatie de terrain (comprendre en pays étranger) forte de quelques 1.700 agents. Alors les rodomontades d’un bourgmestre en fin de bail qui appelle « les entreprises belges à investir l’Ukraine » et annonce des soutiens financiers aux hôpitaux de la capitale ukrainienne, via « son » pôle hospitalier bruxellois déjà totalement surendetté, ce n’est plus une histoire de grenouille et de bœuf mais un doux mélange de confusion des genres et de perte du sens des réalités.

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Hiérarchiquement, l’on peut également se demander comment le président du PS, Monsieur 410K € (rémunération annuelle brute estimée), le carolo Paul Magnette, apprécie de passer ses week-ends à répondre aux lecteurs du Soir pendant que Philippe Close enchaîne les conférences de presse internationales.

Ornithologie ? Un bien drôle d’oiseau !

Autre facette de ce gloubi-boulga intellectuel, il n’est pas anodin d’aller soutenir Kiev sans tenir compte des avancées russes sur le territoire : en termes moins édulcorés, de quoi Poutine voudra-t-il bien se souvenir une fois la fin de la guerre actée ? Du costume anthracite de Philippe Close et de ses promesses de reconstruction ou du rôle éventuel de la Belgique dans un processus de règlement du conflit ?

Voir un peu plus loin que le bout de son nez, c’est peut-être toute la difficulté dans la gestion des conflits internationaux et c’est sans doute pour cela que l’on ne devrait pas permettre à des « communalistes » de s’ingérer dans ce type de dossier. On ne peut pas à la fois soutenir la vision étriquée d’une ville à 10 minutes et se prendre pour un albatros dans la reconstruction d’un pays en guerre. Surtout que personne ne lui a rien demandé. A l’albatros.