Article de la semaine
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LES ATOUTS DIVERSITÉS SE VOILENT LA FACE…

 

Ihsane Haouach, son voile ou pas, ses accointances ou pas, sa légitimité à son poste ou pas, … font la Une des journaux depuis des jours, et si on se détache de ce cas concret du moment, il renvoie à une question plus fondamentale à propos de notre société, de nos institutions, des valeurs qu’elles incarnent, de la bien-pensance, du politiquement correct, et surtout, de la publicité qui en est faite.

Aujourd’hui, démontrer patte blanche sur l’inclusion de la diversité est devenu un must, un prérequis à toute organisation qui veut avoir une bonne image. Avoir des femmes dans son comité de direction, des homosexuels dans son personnel, mettre des personnes porteuses de handicap au travail, et surtout, surtout, donner des responsabilités à des musulmans est devenu le Must absolu si vous voulez qu’on vous considère tolérant et ouvert et que vous puissiez abattre votre carte joker diversité. 

Alors on instaure des quotas de femmes dans les postes à respon-sabilité, on fait de la « discrimination positive » pour donner de la visibilité à ce qui est considéré comme des minorités, et ce faisant, on trans-forme cette caractéristique soi-disant préjudiciable en un facteur permettant d’accéder à des fonctions pour d’autres raisons que pour des compétences.

C’est d’une ineptie sans égal. Peut-on imaginer plus humiliant que de se voir attribuer un poste ou une responsabilité parce que cela permet à ceux qui vous y ont mis de prouver qu’ils sont tolérants ? Quid de la valorisation de vos compétences, de votre expérience, de vos aptitudes, de vos qualités personnelles, vous êtes propulsé à une fonction parce que vous êtes l’atout diversité de vos dirigeants. Et pourtant, cette carte diversité s’abat de plus en plus, tant dans le privé que dans le public et elle devient une fin en soi plus importante que les objectifs initiaux des organisations qui la brandissent.

Pire, dans le cas d’Ihsane Haouach, le coup de Comm’ visait à nous démontrer que les spécificités ou différences apparentes ne sont pas importantes et que, voile ou pas voile, l’essentiel est invisible pour les yeux… Nous ne devions pas regarder Ihsane Haouach comme une femme voilée mais bien comme un CV de compétences avérées. Une belle leçon de morale médiatique très à la modede chez nous, on n’en est pas à une près ! Mais quelques déferlements d’agressivité et de probables pressions plus tard, la grenouille qui se voulait bœuf a bel et bien explosé, son voile la caractérise plus que jamais et on se demande dans quelle mesure cette étiquette pourrait désormais la quitter un jour. Qui se souviendra d’Ihsane autrement que comme « la femme voilée » ? Alors que pendant ce temps-là, ceux qui l’avaient nommée peuvent jouer les Zorro de l’inclusion incompris par une majorité d’intolérants. Dans la série instrumentalisation, on dit « chapeau l’artiste » ! 

    

  B.V.

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