Article de la semaine
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ZUHAL DEMIR A PRIS L’HABITUDE 
D’ALLER DROIT AU BUT

 

Madame Demir a la réputation d’avoir le cœur sur la main et un sens aigu de la justice, ainsi que du tempérament et un esprit pragmatique. 

Elle en a témoigné en sortant, apparemment à rebrousse-poil de son propre collègue de la N-VA, le ministre-président flamand Jan Jambon, des eaux troubles de l’Oosterweel le dossier de la pollution au SPFO à Zwijndrecht et alentour et en suggérant qu’une commission parlementaire d’enquête soit appelée à établir les responsabilités dans cette affaire qui pourrait constituer l’un des pires scandales environnementaux de l’histoire belge.

Que ce scandale se produise pré-cisément dans une commune gérée depuis 1995 par un bourgmestre écolo (Agalev-Groen) ne manque pas d’ajouter du piment au dossier.

En attendant la suite, ‘t Pallieterke a dressé le portrait de la ministre flamande de l’Environnement. Issue d’une famille de travailleurs immigrés de tradition alévie (une branche de l’islam), elle est restée fière de ses racines. Quoiqu’officiellement née avec la nationalité turque, la famille de Zuhal Demir est restée profondément kurde, même si elle adhère désormais résolument à la communauté flamande.

Zuhal Demir a révoqué la nationalité turque. Très tôt, elle a voulu s’éman-ciper du joug familial. Elle a suivi les cours de la section latin-grec d’une célèbre école catholique de Genk. Elle a, par la suite, obtenu une licence en droit à l’Université catholique de Leuven et une maîtrise en droit social à la VUB et elle est devenue avocate.

« Je me suis battue pour mon avenir et j'y suis parvenue malgré tous les préjugés et les obstacles », déclare-t-elle avec une légitime fierté. Ce fut précisément Jan Jambon qui l'orienta vers la politique. Lorsqu'elle est devenue secrétaire d’Etat fédérale et a prêté le serment constitutionnel devant le Roi, elle portait autour du poignet le foulard de mineur de son père en guise de marque de ses origines au moment de se tourner vers un nouvel avenir.

Madame Demir a 41 ans. Elle a pris l’habitude d’aller droit au but. En 2018, en tant que secrétaire d’État fédérale à l’Égalité des chances, elle a adopté une ligne particulièrement tranchée contre l’islam radical dans notre pays : « Il est grand temps que nous réalisions que pour beaucoup, l’islam n’est pas qu’une religion. Elle est une vision de la société qui est en rupture avec les normes et les valeurs que nous chérissons ici. Il nous faudra un jour confronter cette réalité et jusqu’à ce jour-là la situation empirera. »

Elle s’est aussi exprimée avec franchise sur la crise des réfugiés et sur tant d’autres questions, sans se préoccuper des états d’âme de ses adversaires politiques. Qu’elle ait fait reculer l’ensemble du parlement flamand avec sa proposition de commission d’enquête sur la pollution au SPFO dans la périphérie d’Anvers en est une démonstration.

Les partenaires de la N-VA dans la coalition au pouvoir en Flandre n’étaient pas vraiment heureux, les ministres précédents CD&V de l’Environnement (Hilde Crevits en a perdu son ineffable sourire) et la ministre des Travaux publics et de la Mobilité Lydia Peeters (Open Vld), en particulier. Il a été reproché à Madame Demir d’avoir été trop vite en besogne et de ne pas avoir consulté ses collègues du gouvernement, ce à quoi elle a rétorqué : « Vite, dites-vous ? Après 20 ans ? » Le parlement flamand a voté la création de la commission d’enquête à l’unanimité.

« Si les politiciens ne défendent pas leurs intérêts, étonnez-vous de ce que les gens votent pour les partis extrémistes ! », fait-elle remarquer. C’est une évidence que certains ont tendance à ignorer.                

  B.V.

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