A l’approche de la date fatidique - à savoir 2035 qui marquera la fin de la commercialisation des voitures thermiques sur le Vieux Continent - forcés à s’engouffrer dans cette impasse, les constructeurs font le forcing. Mais, la voiture électrique, Saint Graal de la mobilité durable, a plus que jamais du plomb dans l’aile.

Une erreur monumentale de casting

Entre un prix toujours trop élevé, une technologie des batteries qui en est encore à ses débuts, une autonomie problématique pour les modèles d’accès et un réseau de recharge insuffisant, le consommateur semble préférer le bon vieux thermique, quoiqu’en disent les autorités… On en veut pour preuve la folle désillusion des constructeurs chinois qui tombent les uns après les autres, Tesla qui comprime tant et plus ses prix et Volkswagen qui doit mettre ses usines sur pause pour s’aligner avec une demande quasi absente. 

Au point d’inciter au rétropédalage ?

C’est à voir. Chez Stellantis, on ne se dit pas fermé à l’idée de relancer la gamme thermique, si un changement de législation (que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis) redistribue les cartes. Chez Volkswagen, le développement des moteurs thermiques n’est pas complètement oublié, car ce sont ces modèles qui restent plébiscités par la clientèle et les normes Euro 7 apportent un peu de répit. Et chez Toyota, l’ancien patron Akio Toyoda prédit même que le marché de la voiture électrique ne dépassera pas 30 % !  Le verdissement du parc automobile ne peut se résumer à une pensée unique et les solutions doivent être plurielles : motorisations hybrides et à hydrogène doivent également peser dans la balance. Et manifestement, la marque joint le geste à la parole car elle annonce poursuivre le développement de nouveaux moteurs thermiques !

La raison finira-t-elle par l’emporter ? 

Il se pourrait bien qu’Akio Toyoda voit juste. Le marché de la voiture électrique doit sa survie au fait qu’il soit sous perfusion. Seuls les incitants fiscaux rendent les VE attrayantes. Or, les gouvernements qui devraient être les plus impliqués commencent à faire marche arrière. L’Italie ne fait toujours rien pour faire basculer le marché, l’Allemagne a arrêté toutes les aides et la France met un sérieux coup de frein en rabotant les aides pour les ménages aisés et en supprimant les subventions aux voitures électriques produites en dehors du Continent.

Il semble que le monde se réveille enfin et que la réalité saute aux yeux de tous. Mais, l’utopie du « tout électrique » aura néanmoins eu le temps de ruiner l’Europe.