Parmi les signataires notables de la lettre ouverte appelant à exclure le pavillon national israélien figurent Jesse Darling, lauréat du prix Turner 2023, et Faisal Saleh, directeur du Musée palestinien des États-Unis. Le collectif « Alliance Art Non Genocide » (ANGA), à l’origine de la lettre, invoque la décision prise il y a deux ans par la Biennale d’interdire toute personne liée au gouvernement russe en signe de protestation contre l’invasion de l’Ukraine. « La Biennale est restée silencieuse sur les atrocités commises par Israël contre les Palestiniens. Nous sommes consternés par ce deux poids deux mesures (…) L’art ne se produit pas dans le vide et ne peut effacer des vérités violentes (…) ».

Les signataires soulignent que la biennale a déjà connu des demandes « visant à ce qu’elle reconnaisse les atrocités commises par ses participants » auparavant. « De 1950 à 1968, en raison d’une condamnation mondiale généralisée de l’apartheid et d’appels au boycott, l’Afrique du Sud a été dissuadée de participer et mise à l’écart lorsque la biennale a attribué des espaces ». Après cette mise à l’écart, l’Afrique du Sud avait été officiellement exclue des pavillons jusqu’au référendum signant l’abolition de l’apartheid, au début des années 1990.

La réponse cinglante du ministre de la Culture

Le ministre italien de la Culture, Gennaro Sangiuliano, a immédiatement réagi dans un communiqué en affirmant que : « le diktat de ceux qui pensent détenir la vérité et qui, avec arrogance et haine, pensent pouvoir menacer la liberté de pensée et d’expression créative dans une nation démocratique et libre comme l’Italie est inacceptable et honteux. Israël a non seulement le droit d’exprimer son art, mais il a aussi le devoir de témoigner de son peuple, précisément à un moment comme celui-ci où il a été attaqué de sang-froid par des terroristes sans pitié. La Biennale sera toujours un espace de liberté, de rencontre et de dialogue, et non un espace de censure et d’intolérance ».

Dans la foulée, le ministre israélien de la culture, Miki Zohar,  a remercié Gennaro Sangiuliano pour « son soutien solide et professionnel » : « l'art est un pont entre les cultures et entre les peuples, et nous continuerons à nous opposer fermement aux tentatives de boycott d'Israël dans les forums internationaux », a déclaré Miki Zohar dans un communiqué.

La 60ème exposition internationale d'art aura lieu du samedi 20 avril au dimanche 24 novembre 2024. Israël fera donc bien partie des 88 participants nationaux.